Au fin fond de vos étoiles...
D'abord de la lumière, de la chaleur, des rires et un brouhaha cotonneux accompagné d'un fond musical juste fait pour peindre l'ensemble. La température monte, les verres se vident la bière remplit ces mains et ces bouches dans un ballet de mouvements désordonnés s'appliquant à chorégraphier la salle. Alors une main tourne l'interrupteur. Le pouce et l'index basculent le bouton faisant chavirer la salle dans un autre monde celui dont ils rêvent celui dont ils ont croisé les songes si souvent aux quatre coins de leurs journées, écouteurs aux oreilles, vibrations dans les tympans, ils savent, ils ont compris. La masse se retourne la bête se réveille et commence à lâcher ses cris de plaisir pour qu'arrivent les membres du groupe... Chaloupés, bras levés, ils scandent, ils crient, applaudissent comme pour venir chercher en backstage les hommes et tirant sur ces rênes invisibles les amener vers la lumière. Juste des ombres savamment mélangées à ces lumières bleues, des rayons tournant comme les engrenages d'une transe populaire que l'on sentirait monter. Ils sont là, ils les soulèvent les font rentrer dans ce monde parallèle acheminant leurs âmes vers l'entrée du temple alors prêtes à bondir hors de ces corps pour atteindre les chamanes électriques. Six fantômes arrivent mélangés à des hurlements de bonheur, glissant sans voir leurs pieds attrapant leurs armes phoniques pour combattre leurs propres peurs, leurs angoisses et leurs bonheurs... Un frottement de cordes, les corps se serrent, la chaleur monte couvrant déjà les bras de perles de sueur, ils sentent leurs âmes sœurs autour d'eux ils savent qu'ils sont sur cette onde vibratoire, à l'écoute des premières notes qui instantanément libérera dans leurs cerveaux cette goutte de dopamine éclatant tout dans leurs têtes. Ils le veulent, ils l'aiment, ils en ont besoin. Un grain de voix arrive, à hurler à leur vie, à changer leurs rois et leurs reines, à transformer en anthracite ou en or, ils explosent de l'intérieur et en vibrant de tous leurs corps leurs âmes se mélangent leur apportant cette fusion tant attendue. Puissance de la foule, flux sanguin de la masse qui ne devient plus qu'un seul et même individu le temps d'un soir le temps d'un concert. Je suis là, au milieu de vous, ma fille dans mes bras, ma femme à mes côtés trop loin de moi pour que je puisse l'atteindre hurlant son soul et son plaisir. Nous communions, nous transmettons des points d'encrage des bornes de passages des phares permettant à ceux que l'on aime de retrouver leurs caps et se rappeler que oui ce jour là, cette nuit là, tout était si simple, si accessible. Merci Bertrand, merci à vous qui étiez autour de moi j'étais bien, j'étais heureux, j'ai flotté autour de vous pour mélanger mes larmes aux vôtres et désormais je n'attends plus qu'une seule et unique chose, retrouver vos cœurs au fin fond de vos étoiles.


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